Hope's Requiem


 
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 Petite incursion à Genève.

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Mephysto
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MessageSujet: Petite incursion à Genève.   Mer 18 Juil 2007 - 11:03

Ici, je vais écrire le début de la chronique qui va être joué. Vous comprendrez l'ambiance dans lequel vous allez atterir.


Première partie.


"Noooooooon".

Un cri vint déchirer la nuit de Genève. Dans un petit pavillon résidentiel, ce cri avait troublé la sérénité des lieux. C'était une maison dont l'occupante faisait rarement de bruit. Il lui arrivait bien parfois d'inviter du monde chez elle mais elle demeurait respectueuse de son voisinage.
Gérant une des plus grosses boites de nuit de la ville, elle avait pu ainsi multiplier ses conquêtes et s'adonner à sa quête de l'illumination par le sexe, la drogue et la musique. Cette femme, Nina Taylor, n'était pas un humain ordinaire. Elle était une apprentie respectée parmi la Maison du Culte de l'Extase. Elle pronait le dépassement de soi mais gardait une vivacité intellectuelle qu'aucun autre membre de sa Maison n'était capable d'égaler. Madame Taylor devait donc être une femme non seulement respectée mais aussi puissante.

"Devait", car elle baignait dans son sang, sans vie. Une balle lui avait tranché l'oesophage et sectionné en partie sa colonne. La tête ne tenait donc plus qu'avec l'amas de nerfs restants.
Un homme sanglotait au dessus du corps. Il posa un genoux à terre et ramena le corps contre lui. Ses larmes vinrent se mêler au sang coulant au sol.
Il releva doucement la tête. Les murs en béton vinrent alors se lézarder et commença à s'effriter par endroit. Les fenêtres explosèrent. Toutes les lumières de la maison clignotèrent puis s'éteignirent définitivement.
L'homme reposa le corps de la jeune femme sans vie et entreprit de fermer ses yeux qui trahissait une dernière expression de douleur et de surprise. L'homme disparut dans la nuit. Les sonneries de la Police locale retentirent. Un tel remue ménage n'était pas passé inaperçu.


Dernière édition par Mephysto le Lun 30 Juin 2008 - 17:27, édité 4 fois
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Mephysto
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Mer 18 Juil 2007 - 12:18

Deuxième Partie


1H du matin dans les quartiers industriels. Taylor venait de rendre son dernier souffle. Alors qu' un véritable orage venait de s'abattre sur la ville, la pluie battante n'arrangeait rien pour couronner le tout.
Des pas pressés venaient marteler les flaques formées par la pluie tombante.
Il avait fait chaud en cette saison estivale à Genève et il était normal qu'un orage tombe mais son importance était inouie. En une nuit, la moitié des foyers de la ville avait été privée d'électricité.

Des tirs vinrent troubler cette folle nuit orageuse. L'arme dont provenait les tirs, était une arme customisée un peu bizarre. Elle semblait éclairée de diodes bleues. Les rafales émises émettaient une lueur blafarde. Son propriétaire fuyait comme un dératé ; il semblait fuir la mort elle-même. Il ne se retournait que pour tirer au hasard.
L'homme qui le suivait, marchait lentement, il prenait son temps.
Le fuyard perdait parfois son équilibre et se retrouvait plonger dans la nuit. Il fractura la porte d'un batiment et entra sans se retourner. Son poursuivant atteignit la porte qui n'avait pas été refermée.
Ils arrivèrent à un étage de bureaux.

L'homme qui le suivait observa l'environnement de celui qu'il recherchait. Une aura étincelante vint l'entourer. Un vent se leva dans les bureaux. Le fuyard ruisselait de sueur, il avançait lentement malgré son empressement car il se heurtait aux poubelles traînant ou encore des feuilles de papier d'imprimantes qui volaient. Dans sa maladresse, il heurta un balai.
Par le fruit du "hasard", le manche vint heurter un paquet de copies trainant aux abords un bureau. Le paquet tomba et déversa un pot de peinture qui s'ouvrit et déversa son contenu en direction de l'homme armé.
La peinture devait servir à repeindre les bureaux et les cloisons, il s'agissait d'une peinture extremement grasse et sur du parquet flottant, le résultat donnait au sol une propriété très glissante.

L'homme armé portait une barbe des lunettes de soleil et arborait un magnifique costume noir. Des lunettes de soleil en pleine nuit? Celles revêtaient un petit écran interne qui permettait à son utlisateur d'obtenir les informations qu'il souhaitait par voie noeuronale.
Dans son costume, les mouvements n'étaient guère facile. Il trébucha donc sur la peinture et perdit son arme qui avec la peinture glissa sous un bureau.
Il se retourna vers celui qui le suivait. Lui semblait ne souffrir d'aucun soucis.

"Mais t'es qui toi? fit-il effrayé.
- Comment as-tu osé la tuer? Comment..." Si son regard était empreint de folie, sa voix tonnait et résonnait portée par le vent. Elle était inhumaine.

L'homme en costume pâlit. Il avait compris. Il gesticula dans la peinture n'arrivant pas à se remettre debout. Son agresseur, lui prit son temps et prit chercher le bidon de White Spirit. L'homme qui avançait lentement hors de la zone de la peinture fit tomber sa paire de lunette qu'il écrasa en se débattant. Il avait autre chose à penser.

Son agresseur, son identité restait inconnue au vue du manque de lumière. Il versa le contenu du white spirit sur l'homme en imprégnant ses vêtements, son corps, son visage, ses cheveux. Il se recula.
Il déposa une clope sur le bout de ses lèvres...

"MMM.... Que c'est bon..."Il gardait un oeil vigilant sur sa victime gémissant.
"Tu n'aurais pas du t'en prendre à ma femme"
Il tira une bouffée. La victime put voir son visage. Il ouvrit grand les yeux et hurla.
La cigarette s'envola et vint percuter le corps de l'homme au costume qui s'enflamma aussitôt.

L'agresseur esquissa un sourire et se mit à rire tandis que l'autre s'embrasait dans de terriblements rugissements et cris. Le corps gesticulait.
Le tueur se rendit aux cuisines et ouvrit les vannes de vapeurs de gaz. Il quitta le batiment et se stoppa devant le batiment sous la pluie battante.
"Il fait froid ou est-ce que c'est moi?"

A peine eut-il dit ça qu'un éclair traça le ciel et le batiment explosa dans une gerbe de flammes.


Dernière édition par le Lun 27 Aoû 2007 - 23:11, édité 1 fois
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Mephysto
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Lun 20 Aoû 2007 - 15:13

Troisième Partie


Un homme stationnait devant la maison. A deux ans de la quille, c'était toujours lui qui s'occuppait des affaires merdiques. Il tourna la tête vers le jeune aspirant fraichement sorti des écoles. Ah la jeunesse, ils n'avaient aucune idée de ce que la vie lui réserverait...

"Stan, le Central a dit que c'était quoi l'histoire?
- Euh, le voisinage a entendu des coups de feu apparemment et une sorte de gros bruit sourd qui venait de l'intérieur. Peut être une explosion."

Le vieil homme ajusta son chapeau sur sa tête. "Quel temps de merde...". La météo s'était affolée pour dire qu'une lourde perturbation était apparue et ne semblait pas être prête de terminer. Foutus scientifiques, ils étaient incapables de faire des prévisions justes. Le vieux policier avait davantage confiance aux rhumatismes de sa femme défunte qu'autre chose.

"Bon, on y va" Il tendait la main. Son collègue avait appris à le connaître et lui posa un gobelet dans sa main.
"Merci Stan, fit le Policier en posant la main sur la poignée de la porte. Il reçut une impression comme de mal être.
"Personne n'est entré, c'est ça?"
Le jeune officier répondit presque aussitôt par l'affirmative. Le Lieutenant Delpfer abaissa la clanche et ouvrit la porte qui grinçait terriblement. La porte se bloqua à mi-mesure. Le sol avait été ravagé et la porte ne pouvait plus ouvrir convenablement. Le vieux détective observa le petit pavillon et tenta d'allumer la lumière rien ne semblait fonctionner. Il sortit une petite lampe de poche qui inonda la pièce ravagée de sa douce lueur blafarde. Son collègue l'imita.
Le détective s'accroupit et observa le sol où il identifia des traces de pas. "Il faudra venir la scientifique, murmura t'il". Du tracé de la torche électrique, il suivit les pas qui menaient à l'étage. Dans l'une des chambres, le corps de Nina Taylor reposait. L'air y était tiède, presque chaud. Pas un son ne filtrait. Rien pas le moindre petit insecte. C'était un vrai tombeau.
Delpfer se pencha au dessus du corps. Il fronça les sourcils.

"C'est quoi ce bordel?
- Qu'y a t'il Lieutenant?"

Le vieil homme fit balancer le faisceau de la torche autour du corps.

"Tu ne vois rien? Regarde tout ce sang. Les vêtements de cette femme montrent des impacts mais il n'y a rien. Aucun signe de perforation ou de commotion. Pourtant cette femme est bien morte et je suis incapable de dire comment. Malgré le fait que son coeur ne bat plus, on la croirait encore vivante."
Un éclair passa juste devant la fenêtre et vint s'écraser sur un réverbère qui explosa... Les murs de la maison commençèrent à grincer sinistrement. Le jeune officier sortit son arme tout tremblant sentant comme des grincements se déplacer tout autour de lui. Pour une fois, le vieil homme l'imita, il n'était pas rassuré non plus.
Un souffle de vent vint bousculer les meubles et renversa certains vases. Une armoire s'effondra.

Stan commença à reculer vers la sortie. Son portable vibra, ce qui manqua de lui décrocher le coeur. Il le sortit et découvrit un message de sa femme. Il souffla.
"C'est bon, c'est ma femme, je crois qu'on a eu peur pour rien Lieutenant, ce n'est qu'une baraque épave. Il baissa la tête sur le message. Son teint palit puis il gesticula de joie. Lieutenant, je vous laisse, ma femme était en train d'accouch...."
Il n'eut pas le temps de terminer car le haut de l'escalier sur lequel il était s'effondra. Il s'écrasa au Rez de chaussée mais il était de constitution assez robuste et commençait déjà à se relever. Le vieux Lieutenant galopa à la suite de son apprenti. Un bloc de béton pendait par les fils de fer. Soudain les fils de fer lachèrent.
"Noon" souffla le vieil homme. Le pan de béton écrasa la tête de son coéquipier. Un nouvel éclair surgit. Le Lieutenant releva la tête et observa par une fenêtre comme attiré.

Une silhouette sur l'un des immeubles en face disparut.
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Mephysto
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Mar 21 Aoû 2007 - 11:48

Quatrième Partie


Le Lieutenant Delpfer passa des tas de coups de fil toute la matinée. Et au final, c'est sur le bureau d'un Agent Spécial d'Interpol qu'atterit le dossier épineux.
Ce bureau résumait toutes les enquêtes dont les phénomènes abordaient des caractères particuliers. L'équipe scientifique était passée par là et n'avait alors pas compris l'état même de la maison ni quel phénomène avait pu endommager toute l'alimentation électronique de la maison.

C'était donc à lui que revenait cette tâche.
Mais cet Agent n'était pas un simple Dormeur, il était un Eveillé de la Tradition des Onirologues. Leur rôle est de protéger les Dormeurs et la Terre dans son ensemble. Il ouvrit son répertoire et contacta chacune des Traditions. La plupart répondirent à l'Appel.
Les plus grands Adeptes des Traditions se réunirent par vidéo-conférence le matin même. Il fut institué de créer une équipe de recherche afin de répondre à ce problème.
Un Ethéré, un membre du Culte de l'Extase, un membre du Choeur Céleste, un Euthanatos, un Verbena et enfin un Mage de l'Ordre d'Hèrmès lui aussi faisant parti des brigades spéciales pour joindre leur expédition aux forces de Police Locale.
L'Onirologue se cloitra dans son bureau pour ressentir son impression sur cette affaire. Une douce musique vint rythmer ses sens alors que de l'encens altérait sa perception. Se promenant au delà des mondes, il étendait sa conscience. Mais, l'"Autre Monde" semblait lui aussi altérer dans un déchaînement de violence et de sentiments confus. Il se réveilla. Il saignait du nez.

"Bonne chance mes jeunes apprentis" Murmura t'il. "Vous allez en avoir besoin..."
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Mephysto
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Mar 29 Juil 2008 - 18:11

Acte 1: La découverte de Nina Taylor


Découverte d'une sombre histoire.

Aéroport de Genève

Finalement à l'arrivée de l'aéroport, il y avait beaucoup de moins de monde de prévu...
Un cinquantenaire vêtu de la robe de pasteur. Il s'agissait de François Pagini, membre du Chœur Céleste. A sa manière, il était lui et sa faction des extrémistes rejetant la technologie ou du moins son utilisation outrancière pour servir les intérêts de la Technocratie. Et rester dans un aéroport le déconcertait assez.
Malgré les cernes révélant un sommeil chaotique, un homme se tenait assis non loin de lui. Habillé de façon stricte, il observait tout ce qu'il se passait autours de lui, le regard inquisiteur du moindre indice pouvant révéler un problème soudain. Il semblait ne pas avoir encore la trentaine mais il s'agissait d'un élément prometteur. L'individu en question était Henrik Nordstörm, membre de l'Ordre d'Hermès.
Ensuite, le dernier mage, lui, semblait davantage attiré par les bijoux de technologie proposés par l'aéroport : mécanismes de sécurité, caméras, témoins lumineux. L'Ethéré semblait vraiment dans son élément. Son nom était Alex Id. Il n'y avait aucun moyen de savoir s'il s'agissait d'un pseudonyme ou d'un nom réel car cette appellation était utilisée assez souvent lors de conférences scientifiques. Mais les Fils de l'Ether devait-il davantage s'apparenter à des hommes de science ou à des artistes au talent incompris.
Id devait faire parti des deux catégories.

Finalement, un quart d'heure après leur arrivée, un homme fit son apparition dans le hall d'accueil permettant à des arrivants de se retrouver facilement. Affichant un look mal rasé et débraillé, il paraissait avoir dormi autant que ses invités.
Vêtu d'un costume présentant des plis, il donnait un style assez négligé. Ses cheveux grisonnants tombaient au niveau de ses épaules. Un petit pendentif, fait de plumes et de perles, habillait son cou.
"Bonjour... William Berson. Désolé du retard, fit-il en réajustant ses lunettes. Nous allons aller à l'hôtel emmener vos affaires.

* * *

Bureaux du Nouvel Ordre Mondial.

Un jeune cadre tendait un rapport à son supérieur. Ce dernier, un imposant personnage prit le temps de le feuilleter.
Il leva les yeux vers son subalterne.
"Agent Kell, dans ce rapport, je vois que notre cible a été éliminée. C'est une bonne chose mais je lis aussi que l'on n'a plus de nouvelles de notre Agent. Je croyais que l'on avait pris toutes les dispositions nécessaires à la réussite de l'opération." Le supérieur est un chauve obèse et quand il se leva de son fauteuil pour observer la vue de Genève, il révéla aussi une taille gigantesque. Il avoisinait les deux mètres trente.
" Eh bien, il y a eu... une surtension."
L'obèse se retourna vers son Agent intrigué.
"Une surtension, vous dîtes?
- Oui, on a observé une panne sur tous les canaux...
- Tous??? fit-il effaré. Envoyez des hommes là-bas...
- C'est déjà fait", avoua l'Agent Kell.

Le Monstre obèse enfila une chemise blanche et appuya sur un bouton de son bureau. Une cloison se substitua pour laisser place à une glace blindée donnant sur un laboratoire.
"Agent Stephy, commencez"
Alors que des cris émergeaient du laboratoire, le monstre enclencha un autre bouton. Une légère musique, soit la Radetzky March de Strauss, vint étouffer les hurlements.


* * *


A l'hôtel Crowne Plaza de Genève



"... Vous allez faire parti d'une section spéciale appartenant à Interpol." Voici vos badges. Il les distribua à chacun.
Le dernier en recevant un était Simon Estelli. Il avait l'air lugubre mais il n'y avait rien d'étonnant étant donné qu'il était un Mage de la Mort, un Euthanatos. Ils étudiaient et influaient sur le cycle de la vie et de la Mort. Beaucoup les redoutaient.
"Je suis étonné que votre Tradition veuille nous aider en nous envoyant deux de ses membres, même si le second n'est pas encore arrivé. Nombre de Traditions n'ont pas encore répondu à l'appel."
Le dénommé Estelli enfoncé dans son fauteuil ne répondit pas. Il semblait à moitié endormi. Au coin de ses lunettes de soleil, on pouvait encore voir des traces rouges. L'Euthanatos ne semblait pas avoir pu profiter pleinement de sa nuit.
Les autres aussi avaient eu une nuit agitée.
"Je vais vous révéler la véritable raison de votre venue ici..." Bien tous venaient de pays différents, Berson avait pris contact avec un inventeur génial des Fils de l'Ether et avait récupéré des traducteurs.
"... Il y a eu un incident dans un pavillon. Il s'agissait d'une puissante Adepte du Culte de l'Extase. Elle serait morte..." La pluie battante dehors s'intensifiait. Il en venait même à y avoir de la grêle en plein mois de juin.
"Mais ce n'est pas tout, l'un des inspecteurs de la criminelle est mort sur les lieux tôt ce matin, écrasé par un bloc de béton." Berson marqua un silence et surtout, il avait l'attention de tout le monde.
"Notre mission est de savoir ce qu'il s'est passé. Et si l'on va plus loin de couvrir les arrières de chacune des Traditions contre les menaces extérieures : la Technocratie, les vampires et autres..."


William Berson leur rappela les exigences du poste, leur évoqua leur salaire et ajourna la réunion. Finalement, chaque membre avait accepté de participer à cette nouvelle organisation, soit par le gain d'argent, soit quelque chose les avait poussé à accepter. A travers ces expériences, l'Illumination suivrait peut être.

* * *

Plusieurs heures plus tard devant le pavillon de Nina Taylor.

Le Sergent Mike Sinstine enchaînait clope sur clope. C'était un jeune gradé, vif d'esprit. Et il se fiait toujours à son instinct et ce dernier n'avait pas manqué.
Son co-équipier meuglait sur le siège arrière de la voiture. Il avait failli s'étrangler avec un cordon de douche mais Sinstine était intervenu à temps et lui avait sauvé la vie.
De belles BMW noires aux vitres teintées arrivèrent devant le Sergent.
Berson et son équipe en sortirent. Vêtus d'une longue parka, ils avancèrent rapidement vers le Sergent.
Berson et chaque mage le suivant, sortirent leurs cartes attestant de leur identité et appartenance à Interpol.
Le Sergent les salua :
"Je ne savais pas que vous arriveriez si vite. D'habitude, on m'envoie toujours des bureau..." Il posa les yeux sur le membre du Chœur Céleste et reconnut un habit d'église. Berson, astucieux, reprit la conversation.
" Nous avons été envoyé pour inspecter la maison et clarifier la zone. Que pouvez-nous dire sur la situation?
- Eh bien..." Il marqua un pause, jeta son mégot et l'écrasa de la pointe du pied. "Il y a eu une sorte d'explosion. Les vitres ont volé en éclat et l'ensemble du courant du quartier est en rideau. Non, je vous assure, cette maison, je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais d'étranges choses s'y sont passés.
Le Lieutenant Delpher a été admis dans le service psychiatrique de la Police. Il nous a révélé des choses inquiétantes.
Le corps retrouvé de Madame Taylor git dans une marre de sang mais il n'y a aucune traces de dégradation quelconque du corps. Et, il y a aussi ces faits bizarres. Le coéquipier du Lieutenant est mort écrasé par un pan de béton qui s'est effondré sur lui. Mon collègue..." Il montra le siège arrière de la voiture où un homme semblait avoir perdu la raison.
"Je suis intervenu à temps... Il a failli s'étrangler dans la douche."
L'ensemble des mages présents s'interrogèrent. Les faits rapportés par l'officier subalterne étaient pour le moins inquiétants.
" Vous permettez qu'on interroge votre collègue?" déclara Berson.
"Faîtes donc..." répondit le Sergent d'une voix lassée.

En interrogeant le coéquipier de Sinstine, ils se rendirent compte qu'il avait sûrement perdu la raison. Mais dans sa folie, ils comprirent qu'il avait voulu explorer la maison et qu'il avait glissé sur le carrelage et avait manqué de s'étouffer avec le fil du rideau de douche.
Berson se redressa, ainsi que Norstörm qui avait suivi l'interrogatoire, et observèrent la maison. Une impression inquiétante s'en dégageait.
Les Mages se rassemblèrent sur le seuil de la porte.
Pagini engagea la conversation :
"Vous avez une idée de ce qu'il y a pu se passer ou de l'origine de ces choses"
Berson secoua la tête. Tripotant son collier à plume, il continua :
"Le plus étrange, c'est la vision au delà du voile. Il y a eu... comme une déflagration physique et spirituelle. L'Umbra aussi a été touchée.
- Un esprit, demanda Pagini.
- Non... Eux-même ont été secoué, voir complètement détruit.
- Ce n'est donc pas un esprit", murmura Pagini.

La sonnerie du "Natel" ou encore téléphone cellulaire du Commandant de la section spéciale résonna et se perdit dans le tumulte des pluies diluviennes de Genève.
"Oui, Berson à l'appareil. OK envoyez-la moi." Il raccrocha et annonça à ses collègues. Une compatriote va arriver.

Une demi-heure plus tard, un taxi se stationna non loin de la demeure. Une femme d'âge mûre mais à l'apparence agréable fit son apparition.
Malgré son teint de peau noire, elle tenait davantage d'une gitane qu'autre chose.
Une fois arrivée à leur niveau, Berson en sa qualité de superviseur engagea la conversation.
"Bonjour Madame Rouet..."
Du tac au tac, la dame répondit "Madame Mounia".
"Si vous voulez... Vous avez une heure et demie de retard sur l'horaire prévu."
"Je sais, j'ai eu du mal..." Berson l'interrompit.
"Il va falloir faire attention dorénavant. Et surtout, faîtes attention à ce que vous dîtes suivant les personnes auxquelles vous serez confrontés." Il pointa du regard les policiers.

Les présentations effectuées, le groupe se sépara en deux équipes. Alex Id le Fils de l'Ether étudiait les structures de la bâtisse tandis que le reste explorait la maison.
Norstörm avait pris la direction de la troupe et poussa la porte d'entrée. Elle ne tenait d'ailleurs qu'avec les gonds supérieurs de la porte. Le bas pendait lamentablement. La porte était sur le point de s'écrouler.
Le pavillon était extrêmement sombre. L'Agent voulut activer l'interrupteur mais il ne répondit pas. L'Hermétique se rappela que toute le quartier s'était vu priver d'électricité.
Allumant sa lampe torche, l'Hermétique put observer les alentours. Sur la gauche, il y avait le reste d'une porte où l'on pouvait observer le reste d'une cuisine. Au fond de la pièce, il y avait un escalier qui semblait délabré menant à l'étage.
L'Hermétique se retourna vers le Patron de l'organisation.
"Il nous faudrait une corde pour accéder à l'étage. L'escalier ne semble pas sûr.
- Très bien, je m'en occupe", répondit-il simplement.

Le Mage retourna à la voiture des Policiers et revint avec une corde mais son regard attiré sur le côté remarqua les Agents des services de l'électricité travailler sur le réseau principal du quartier. En montrant sa carte de profession, Berson revint donc assez rapidement portant une échelle sur ses épaules.
Norstörm pénétra dans la bâtisse quand Berson avertit.
"Attention où vous mettez les pieds. Observez les flux de magie grâce aux Prime."
Pagini avança :
"On dirait une explosion magique. Toutes les sphères semblent être affectées.
Madame Mounia surenchérit:
Ce n'est pas n'importe quel flux." Elle jeta des herbes dans l'air et dans sa vision, ces herbes vinrent prendre des nuances étoilées particulières qui révélaient la Magie.
"Ce sont des flux intenses et destructrices. Et ces courants semblent venir de là-haut."
La diseuse de bonne aventure montra une direction. Cela correspondait à une chambre à l'étage.

Norstörm aurait mieux fait à ce moment-là de s'abstenir de tous commentaires ironiques face à la situation car un morceau de plâtre se décrocha du plafond. L'Agent l'esquiva au dernier moment mais un morceau réussit néanmoins à atteindre sa cheville.
Le pauvre commençait mal à la journée. S'il n'avait pas senti le danger, il serait probablement à l'hôpital ou mort. L'Hermétique se rendit à donc à leur véhicule et couvrit sa cheville d'un baume de soin et d'un bandage.
Pendant ce temps, Estelli et Berson partirent explorer sous-sols et rez de chaussée.

Une fois l'échelle posée contre la paroi, Pagini, le Chanteur grimpa laissant la gitane quelques marches en dessous.
" Le corps est bien là mais il y a quelque chose au dessus..."
Pagini évita les résonances de la dernière magie. Elle avait été destructrice et visiblement, la magie était encore à l'œuvre. Avec une grâce étonnante, il arriva d'un bond aux pieds de la jeune femme.
La jeune femme semblait endormie mais elle le resterait à jamais. En la voyant, le cœur du Mage se serra.
Nina Taylor semblait rayonnée, en regardant de plus près, Pagini remarqua les traces de sang mais il ne put en aucun cas voir d'où avait put s'écouler ce sang ni même si ce sang provenait de ce corps. En effet, Pagini ne voyait aucune blessure, aucune imperfection dans la peau de la jeune femme. Elle était parfaite structurellement parlant.
Concentré sur l'analyse de la défunte, Pagini ne put sentir dans son dos la gitane arrivée maladroitement...


Dernière édition par Mephysto le Mar 29 Juil 2008 - 18:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Mar 29 Juil 2008 - 18:12

* * *

La créature bougeait dans le noir. Elle semblait bouger aisément malgré le noir absolu. Soudain, elle se stoppa et leva les yeux.
Ses yeux semblaient s'illuminer d'une aura particulière. Une aura qui épousa finalement l'ensemble de la créature. Et dans l'obscurité, on pouvait observer une silhouette humanoïde.
Elle leva les mains vers le haut. L'obscurité se déplaçait, se concentrait.
Une voix sinistre s'échappa.
"Comment avez-vous osé troubler son repos..."


* * *
Dans la chambre de la défunte.

L'obscurité semblait se concentrer en masse autours de Pagini et de la gitane. Norstörm ne faisait pas le fier non plus car il voyait les ondes de l'ombre se mouvoir juste à ses côtés.
L'Agent d'Interpol commença à tirer. De sinistres bras commençaient à se distinguer. En quelques secondes, La gitane fut inondée d'ombres et elle peinait à se mouvoir et à se sortir de ces liens surnaturels. Pagini quant à lui recula. Il savait pertinemment que le bureau et les meubles avaient réduits en purée. D'ailleurs, il y avait encore les restes d'un bureau somptueux à quelques pas derrière lui. Astucieux et observateur, il observa que l'ombre contournait le corps de la jeune femme. Finalement, par un éclair de génie, il décida de serrer la défunte contre lui. L'ombre le recouvrit entièrement mais elle ne semblait pas l'approcher. C'était lui sans doute qui était le moins en danger.
Madame Mounia se débattait tant bien que mal et essayait de conjurer ces invocations.
Norstörm continuait à vider le contenu de son arme sur les ombres mais l'une d'elle vint le heurter de plein fouet. Le Fils de l'Ether alertés par les multiples détonations avait fait son apparition et ne put faire autrement que réceptionner son camarade. Berson, suivi d'Estelli sous son épaule suivirent. Estelli semblait avoir pris un coup car son front saignait. Berson le déposa au sol et prit son arme pour tirer lui aussi sur les nombreux bras qui se formaient de toutes parts.

Et une forme obscure abordait déjà la paroi du 1er étage. C'était Pagini mais il ne voyait absolument rien. Il bascula dans le vide. La chute aurait dû le tuer d'autant plus qu'il soutenait encore le corps de la jeune femme. Mais quelque chose d'improbable se produisit. Pagini, le membre du Chœur Céleste fut stoppé dans son élan et sa chute fut amortie. Il n'avait rien.
L'Ombre disparut. Tous étaient en sueur.
Berson avertit :
"On a un autre problème...Regardez..." Il montra la direction de l'entrée.
Une voiture sombre venait d'arriver. Berson intensifia sa vue grâce à la Correspondance.
"Des logos du Nouvel Ordre Mondial, c'est la Technocratie..."
Pagini serrait les poings, il ne supportait pas ces individus prônant la technologie pour asservir l'humanité.
Mais tous eurent un léger frisson dans le dos. Chacun avait plus ou moins eu vent de la manière dont la Technocratie traitait les Mages et peu en survivaient.
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Ven 5 Sep 2008 - 14:15

Dans la maison de Nina Taylor

Les jeunes Éveillés étaient confrontés pour une nouvelle fois à la Technocratie.
Deux Agents, discutant avec le Sergent devant la maison, sortirent leurs armes. Ils s'agissaient de X5. C'étaient des armes redoutables dont le choix de l'ogive se faisait suivant la reconnaissance vocale. Et pour l'occasion, les balles étaient en téflon.
En l'occurence, ce genre de projectile était interdit mais la technocratie fixait elle-même les interdits. En effet, le Nouvel Ordre Mondial disposait d'un arsenal juridique, de contacts dans tous les hauts milieux financiers et cette puissance leur permettait d'agir impunément.

La première idée de Madame Mounia, la voyante fut bonne. Construire des murs psychiques permettrait de détourner les gadgets de la Technocratie. Mais cet effort fut réduit à néant par ID le Fils de l'Ether.
Ce dernier voulut vérifier l'état de santé de Norstörm mais il ne maîtrisa pas ses capacités magiques. Un halo bleu vint illuminer le mage. Ce halo fit office d'écran pour voir tout ce qui n'allait pas dans le corps de l'hermétique. Et visiblement, le mage avait le thorax enfoncé, le sternum brisé.
Mais la lueur attira le regard des types vêtus en costume noir. Ils vinrent se poster aux abords de la relique de l'ancienne porte. Pendant ce temps, Berson et Id s'étaient réfugiés dans un coin de la cuisine pour sauvegarder le corps de leur compagnon.
Mounia n'était pas une combattante et se cachait à l'extérieur du pavillon en passant par la porte de la véranda derrière. Pagini, lui, était un peu plus combattif et il détestait ces types. Ils asservissaient le monde grâce à des endoctrinements de la masse.
Il décida donc de les attirer dans un piège.

* * *
Au rez de chaussée de la maison...

"Putain, c'était quoi cette lumière bleue..., murmurait le jeune bleu.
"Aucune idée mais on m'a indiqué ce qu'il fallait faire contre ce genre de choses..." Le plus expérimenté des deux sortit un scanner. Vérifiant le détecteur de mouvement et la fonctionnalité, ils entrèrent dans la batisse.
Du bruit à l'étage retinrent leur attention.

D'un mouvement de la main, le gradé indiqua à sa recrue de gravir l'échelle mise en place et d'aller vérifier. Le gradé se cloisonna dans un coin du rez de chaussée et suivit le jeune Agent des yeux. A peine arriver au niveau du premier étage, le scanner se mit à émettre des petits tintements réguliers.
Délaissant son subalterne du regard, il observa son scanner. Il s'agissait d'un petit écran plasma. Ce dernier se figea puis vacilla pour devenir qu'un amas de pluie d'ondes grisonnantes indiquant une surcharge de l'appareil. L'officier releva la tête.
Une forme sombre se tenait derrière la recrue. Le jeune Agent de la Technocratie se trouvait en sustension dans les airs, une arme blanche scintillait au milieu de ce qu'il restait de son ventre. La forme noire retira sa main laissant l'Agent retomber lourdement sur le sol.
Une lueur verdâtre semblait s'échapper des orifices oculaires de la forme sombre. L'officier agita sa lampe torche vers la forme sombre. Il s'agissait un humain. Mais son regard lui avait abandonné toute humanité. L'officier eut le temps de dégainer son arme et de tirer. Un grondement sourd vint secouer la maison. La charpente de la maison elle-même se fissura pour finalement s'écraser sur l'officier quelques mètres en contrebas.
Mais ce faisant, la maison fut ébranlée et commençait à s'écrouler.
Pagini qui était resté coincé l'étage, préféra ne pas s'éterniser. Il reprit la direction de l'échelle menant au rez de chaussée. Il remarqua sur sa droite le cadavre fumant du subalterne le ventre complètement brûlé et quelques mètres plus loin en contrebas, l'officier avait succombé du fait de l'écrasement par l'ossature massive de la charpente.
Dévalant chaque marche de l'échelle, il courait vers l'extérieur. Les autres étaient déjà dehors et s'étaient réfugiés derrière le véhicule de Police. Pagini, mettant les mains sur la tête instinctivement poursuivit son sprint alors que la maison s'écrasait dans un nuage de poussière.

Berson, et Pagini réalisèrent au même moment et se tournèrent vers la maison encore fumante. A cause de la fumée, on ne distinguait rien. Tous les indices du meurtre avaient disparu. Et ce n'est pas tout, le corps de la jeune victime était resté sous les décombres.
Une silhouette se distingua dans la fumée.
Les Agents d'Interpol et de la Police pointèrent leurs armes.
Mais il s'agissait d'Estelli. Son imperméable noir n'était plus que l'ombre de lui-même ; il était couvert de gravas, et de poussière. Mais ce n'était pas tout. Le corps de la jeune femme décédée un peu plus tôt dans la journée était dans ses bras. Finalement, il la déposa dans les mains de Pagini qui semblait être l'homme providentiel de la situation en temps que prêtre de la petite équipe.

Finalement, ils décidèrent de retourner au QG d'Interpol pour analyser le corps. Car pour l'instant, ils n'avaient encore aucune piste de l'affaire en cours.
Berson décida de piquer un roupillon pendant l'étude post-mortem de la victime.
Vint alors le moment fatidique de qui étudierait le corps. Le Fils de l'Ether semblait être l'homme désigné en temps que scientifique mais ses gadgets électroniques étaient perçus davantage comme une abomination que comme une résultante pouvant purifier le corps.
Ce fut donc Pagini qui eut le privilège d'étudier le corps avec l'assistance de la seconde Euthanatos Morgane Bellini.
Finalement grâce à leur talent, ils découvrirent que l'enveloppe corporelle de la jeune femme ne souffrait d'aucune déficience quelconque. Son corps était parfait. Mais uniquement à l'extérieur.
Au niveau de son abdomen, elle avait subit une telle décharge d'énergie que tous les organes internes avaient été détruits et brûlés.
Rien n'indiquait la provenance de cette énergie brute. Mais la démarche et la brutalité de l'assassinat rappelait assez bien les dégâts causés par les engins de la Technocratie.
C'était une piste.

Estelli, qui n'avait pas quitté des yeux, l'intervention du prêtre et de sa consoeur, porta son attention vers l'extérieur.


* * *
Dans la tour d'Ivoire du Nouvel Ordre Mondial

"Comment? Un second échec? C'est regrettable Agent Kell..."
Devant une grande baie vitrée illustrant une vue sur le monde en contrebas de Genève, le grand patron de la Technocratie de la ville, de la région, du pays, voire du continent venait d'être instruit de la mésaventure dans la maison de Nina Taylor.
L'homme imposant, appuya sur une touche. L'Agent Kell, qui avait mis un genou à terre pour témoigner de sa servilité envers le maître, fut soudain secoué de spasmes. Son corps se releva et flotta dans l'air sous l'effet d'un rayon magenta émergeant du sol. Les traits du visage de Kell trahissaient sa peur, et surtout sa douleur.
"Cette erreur envers moi sera la dernière Agent Kell..."
Il rappuya sur le bouton. Aussi soudainement que son apparition, le rayon disparut et engendra la chute du corps du Technocrate.
"N'échouez pas cette fois-ci, Kell"
Sa voix raisonnait dans l'atmosphère tendue du bureau. Et le responsable des investigations et éliminations, malgré son statut au sein de l'Ordre, n'avait pas d'autres choix que d'employer la matière forte.

Kell sortit furieux du bureau. Il fulminait de son échec par son manque de clairvoyance de la situation.
"Contactez Baller... cria t'il à sa secrétaire.
- Vous êtes sûr que ... demanda t'elle en marmonnant.
- Certain, je vais employer la méthode forte." Un éclair de détermination illuminait le regard de Kell. Il n'avait pas d'autres choix. Ainsi, résonnait la Technocratie : le succès ou "une remise à niveau".
Etre près du grand patron assurait une promotion rapide mais aussi, une mort rapide en cas d'échec.


* * *
Dans le quartier de Nina Taylor.

En tant que Cultiste de l'Extase, Taylor s'était tissé tout un réseau de connaissance autour de son domicile. Cela allait de la voisine commère et au courant de tout dans le voisinage aux voisins débauchés s'adonnant aux plaisirs de la chair dès que l'envie s'en faisait sentir. Taylor disposait de son vivant d'une main mise sur tout. Son influence au sein des dormeurs était considérable et ne semblait laisser personne indifférent.
Peut être un peu trop d'ailleurs, vu son état actuel, elle avait trop fait parler d'elle et la Technocratie en avait eu vent.
Mais il y avait un hic quelque part.
Taylor était néanmoins une adepte et se cachait déjà depuis un certain temps. Donc qu'est-ce qu'y avait mal tourné?

Pagini, Mounia et Bellini obtinrent pas mal d'informations.
Ainsi, ils surent que Taylor avait diminué ses fréquentations quelques temps avant sa mort. Et selon une voisine un peu curieuse, il y avait une rumeur comme quoi elle disposait d'un amant qui ne semblait ne venir que la nuit et semblait s'habiller d'habits sombres.
Ils récoltèrent aussi les vidéos de cette même voisine qui avait pour fâcheuse habitude de filmer son voisinage.
Mais au milieu de 400 vidéos, les jeunes Éveillés auraient du mal à tout visionner...
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Ven 17 Oct 2008 - 14:29

Basilique San
Pedesta Genève





Percevant une missive
de la grande basilique de Genève, Pagini, membre du Choeur
Céleste avait cessé toutes affaires urgentes pour se
rendre à l'édifice religieux.

Il posa un genou à
terre devant le grand Cardinal et baissa la tête. Si cette
posture semblait antédiluvienne, il faut aussi remarquer
l'extrême rigidité au sein de la Tradition du Choeur
Céleste. En effet, le Cardinal était un des maîtres
restant le Choeur. Par extrapolation, il s'agissait d'un des rares
maîtres de la ville.

Baisant le sceau du
Cardinal Shol Tyerzol, Pagini recevait ses instructions : son étude
du Prime devait servir les intérêts de la Tradition.
Ainsi, Pagini remit un message à la secrétaire chargée
des affaires spéciales d'Interpol.

« Je serais
absent un moment pour affaires. Transmettez mes excuses à
L'Oiseau.

Le Prêtre. »

Le cachet du Choeur
apparaissait sur la lettre. Le cachet indiquait clairement la nature
des affaires du prêtre.







* * *

Centre d'étude
des phénomènes spatiaux et paranormaux . Genève





A quelques dizaines de
kilomètres de la basilique, le jeune Hermétique et
Agent d'Interpol explorait les couloirs de la grande bibliothèque.
L'Ordre, du fait de ses multiples tâches et affaires
quotidiennes, tardait à lui affecter un Apprenti. En effet, au
sein du grand Ordre, tout initié a pour référent
un Apprenti ou à défaut un Adepte. Et comme les Maîtres
et Adeptes se faisaient rares ces derniers temps, ce devait être
un Apprenti. Mais les différents services avaient tardé
à le contacter.


Norstörm, à
peine sorti de l'hôpital, profita de sa période de
convalescence pour essayer de trouver des informations concernant la
mort de Taylor.


Et au bout de nombreuses
heures de recherche, il était enfin tombé sur un
ouvrage des plus intéressants. Il s'agissait davantage d'un
manuscrit plutôt que d'un livre en lui-même. Relié
à la va-vite, écrit à la main, Nordstörm se
demanda s'il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague.

« Les morts
les plus inexpliquées d'après Joseph Scheïtzer

Adepte du Virtuel »

Nordstörm esquissa
un sourire. Les Adeptes manquaient vraiment cruellement de moyens. En
effet, en comparaison, Nordstörm se trouvait au 5e sous-sol d'un
bâtiment sécurisé. L'Ordre disposait d'une telle
structure que même les Adeptes auraient du mal à mettre
à nu toutes les défenses.

Le manuscrit était
disposé comme un recueil de nombreuses affaires. Mais, il y en
avait des plusieurs centaines... Nordstörm s'installa à
un bureau réservé aux étudiants et sous la douce
lueur d'une flamme verte, il commença son étude des
affaires.

Epuisé, le café
coulant dans ses veines plutôt que le sang, au bout de longues
heures, l'Agent avait trouvé quelque chose : le meurtre d'un
Maître Euthanatos deux ans auparavant ici-même dans cette
ville.




* * *

Dans la suite
d'Alex ID de l'hôtel Crowne Plazza





En temps que Savant Fou,
ID ne tenait plus en place depuis son arrivée en ville. Il
n'avait pas encore eu le temps de se consacrer à une tâche
essentielle pour tout mage qui se respecte : la construction de son
sanctuaire.

Id appartenait, comme
tous les autres, à une unité d'élite et à
ce titre, son précédent laboratoire avait été
démantelé et déménagé jusqu'à
sa nouvelle suite.


Et comme il attendait les
renseignements sur l'arme utilisée pour tuer l'Adepte du Culte
de l'Extase et une petite commande personnelle qui l'avait mis sur la
paille, Id en profita pour réaménager sa suite du
Crowne Plazza.

Au centre, il disposa son
laboratoire à grand renfort d'ordinateurs, de bec bunzens, de
gaines électriques et sondes diverses. Ce qui était un
véritable parcours d'obstacles pour une personne extérieure,
devenait un véritable centre de recherche technologique pour
l'esprit déviant d'un Savant Fou.

Et au cours d'un petit
instant de libre, Id médita. Ah non, pas en tailleur avec de
l'encens ou autre stéréotype dédié aux
Onirologues ou Verbena, non lui s'occupait autour d'un petit appareil
de sa création. Par un circuit de frottement, une dynamo
créait de l'énergie, qui, ensuite, était
redirigée dans une bobine qui redispatchait l'énergie
emmagasinée dans plusieurs moteurs. Le ronronnement des
moteurs permettait à Id de se concentrer. Mais, le système
était mal isolé et ce fut finalement la décharge
de courant qui entraîna la transe du Fils de l'Ether.




Id retourna alors
dans la maison de Taylor. Il vit le corps étendu et sans vie
de Taylor. Une silhouette sombre se tenait au dessus de sa dépouille
agenouillée. Cette même silhouette se mit à
crier. Le cri, inhumain, montrait une très grande détresse.
C'est ce même cri qui provoqua la déflagration.


Il vit ensuite un
bâtiment dévasté par une explosion et sa vision
lui montra l'adresse.


Et, pour terminer, Is
se trouva dans un lieu où l'atmosphère, lourde de fumée
et autres, était accompagnée par une musique assez
brutale. Finalement, deux individus se démarquèrent de
la nuée humaine. En robe de soirée rouge, Nina Taylor
prenait un verre au bar et une silhouette noire l'observait de loin.
L'homme leva une main dans le ciel. Un corbeau se posa sur cette
dernière.





Id venait de se
réveiller. Posant les yeux sur sa main droite qui tremblait
encore, un sourire naquit sur son visage.

« Intéressant
cet appareil. »
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Ven 17 Oct 2008 - 14:36

Dans le club privé
de Nina Taylor. 23H






Id était loin de se douter que ses collègues allaient
visiter un endroit de sa vision. Et pourtant, tel était le cas
en allant visiter le club privé, anciennement détenu
par Taylor.



Madame Mounia, l'Onirologue et son ombre, l'Euthanatos avaient obtenu
de nombreuses informations en questionnant l'ancien voisinage de
Taylor. Voulant explorer une piste, elles avaient donc décidé
de se rendre à l'ancien club privé géré
par la Cultiste. L'atmosphère de la décadence, du sexe,
de la boisson et de la drogue résonnait pour l'ensemble de
leur sens.


Les habitués s'adonnaient à des déboires proches
du mot extase prônée par la Tradition, le tout porté
par une musique agressive et tonitruante.


Les deux nouvelles recrues d'Interpol s'infiltrèrent au sein
de la foule pour échouer à deux places vides du bar.


Pour le service, il y en avait pour tous les goûts. Les femmes,
aux courbes agréables, étaient enduites d'huile et de
paillettes, les seins nus et vêtues d'un simple string. Les
hommes, eux aussi couverts d'huile, étaient tout droit sortis
d'un calendrier de rugby mans et n'avaient que pour seul vêtement
un fin short faisant ressortir leurs attributs.


Les deux enquêteurs se s'abattirent sur une serveuse.


« Bonsoir Madame...


Bonsoir Mesdemoiselles. » L'Onirologue apprécia
l'appellation étant donné qu'elle avait la quarantaine
passée.


« Nous cherchons Nina Taylor... »


La barwoman fronça les sourcils.


« Vous êtes flics...?



  • Non, nous cherchons juste des informations. »
    Malheureusement, les flics étaient déjà passés
    et eux tout comme nos deux enquêteuses n'étaient pas
    vraiment discret dans ce genre de milieu. Il était clair que
    Madame Mounia n'était pas vraiment douée pour mener
    des interrogatoires. Ainsi, la serveuse se substitua pour un homme
    un homme musclé d' 1m85, certainement le responsable du bar.



« Mesdemoiselles, que désirez-vous?



  • Nous cherchons Nina Taylor, répondirent-elles simplement.



L'homme les regarda de haut en bas l'air inquisiteur et répondit
le regard attiré par la poitrine de la gitane.


« Vous ne regardez jamais la télé? Elle est
décédée il y a quelques jours. C'est son associé
Monsieur Bryan Shwerton qui gère l'établissement.



  • Pouvons-nous le rencontrer ?


  • Je ne sais pas... » Si le regard semblait vraiment fixé
    sur la poitrine de la quarantenaire, ses propos étaient eux
    aussi plein de sous entendus. « C'est un homme très
    occupé... Mais on peut toujours s'arranger... »



Mounia était davantage dans son élément dès
qu'il s'agissait de parler de dessous de tables et c'était le
moment de faire pleuvoir les billets.


Elle glissa un premier billet de 100 francs suisses sur la hanche du
barman. Ce dernier regarda la valeur du billet et finit par secouer
la tête.


« Non, je ne pense pas qu'il soit disponible. »


L'Euthanatos imita sa collègue et posa un billet de 50 francs
sur l'autre hanche.


Mais la réponse fut identique.


Madame Mounia glissa trois billets de 100 francs sur le devant du
short. Le barman esquissa, alors, un sourire.


« Je crois, finalement, que l'on peut trouver un trou dans
son emploi du temps mais il va falloir s'investir
personnellement... »


L'Euthanatos devint rouge tandis que l'Onirologue répondit du
tac au tac « On vous suit. »


L'homme, après avoir terminé son service, les conduisit
dans une petite salle privée. Une petite musique s'enclencha
en passant la porte. L'homme s'allongea sur un lit, placé au
centre de la pièce, mains croisées derrière la
tête. Il attendait.


La gitane entama une danse sensuelle avec un magnifique déhanché,
autour du lit et se débarrassa un à un de ses atours.


L'Euthanatos tenta de l'imiter mais elle était beaucoup plus
hésitante et timorée. Elle finit même par se
retirer dans un coin de la pièce, rouge de confusion. De plus,
l'homme du bar en demandait davantage. Mounia, déjà
nue, et ne montrant aucune pudeur, chevaucha son partenaire.
Finalement, c'est par des moyens peu orthodoxes que l'Onirologue
obtint son entrevue avec le patron.


Malheureusement pour notre jeune Euthanatos, les surprises n'arrivent
jamais seules.



Le patron était lui aussi membre du Culte de l'Extase. Et de
ce fait, dans son bureau, il n'était pas seul.


Une jeune femme se trouvait, nue, jambes écartées sur
son bureau. Dans la surprise, il renvoya la jeune femme pour porter
son attention sur les visiteurs inopportuns.


« Oui, vous désirez? » fit-il largement
surpris de voir deux charmantes femmes entrées dans son
bureau.


« Nous cherchons des informations sur Nina Taylor »,
répondit Mounia.


Le propriétaire désenchanta. Il pensait passer de
nouveaux entretiens d'embauches mais son espoir s'évanouissait
en un clin d'oeil.


« Vous êtes de la Police?



  • Non, répondit-elle en haussant les épaules.


  • Alors pourquoi vous répondrais-je?


  • Parce que vous êtes comme nous ... »



Le Cultiste fronça les sourcils, porta un doigt à ses
lèvres.



« Oui, c'est bon, tu peux y aller... »


Une jeune femme cachée sous le bureau se leva et quitta la
salle. Les deux Mages furent surpris de voir qu'il restait encore
quelqu'un et surtout sous le bureau... Elles reposèrent leurs
yeux sur le gérant.


Celui-ci les regarda avec un petit sourire satisfait et enjoleur.


« Nous cherchons un homme faisant 1m75 vêtu de noir,
les cheveux longs et qui serait un proche de Madame Taylor. »
Le gérant poussa un rire moqueur.


« Vous avez entendu la musique à l'entrée?
70% de nos clients appartiennent à la sous-culture gothique.
Donc votre description...



  • Vous ne connaissez pas une personne proche de Nina Taylor?


  • Je connais au moins 100 personnes qui ont été assez
    proches d'elle suivant votre définition de la proximité... »
    répondit-il ironiquement.







Finalement, les deux enquêteuses sortaient bredouilles du
bureau du gérant du P3. La Technocratie avait déjà
commencé à nettoyer ses actions sauf que ce genre
d'endroits n'étaient pas leur spécialité.
L'Onirologue tilta. Si le patron ne la côtoyait pas forcément,
il y avait bien un habitué qui la connaissait.


Madame Mounia s'attabla à une table de gothiques légèrement
en retrait. Ils étaient en train de déguster un liquide
noirâtre et opaque. C'était une spécialité
de la maison et ils en ignoraient le contenu et s'en réjouissaient.
Le but est était d'atteindre un état second ou
« transcendantal » selon eux.


Et finalement, Mounia obtint sans trop d'efforts le nom de Jena. Il
s'agissait d'une habituée qui était l'intime de Taylor.
Elle ne serait disponible que sous quelques jours. Et ces jours
allaient être riches en émotion...





* * *

Dans la salle du
Crowe Plaza quelques jours plus tard. 10H






Toute l'équipe d'Interpol, excepté Pagini, était
réunie. Berson semblait débordé de vitalité.
Id allait donné des nouvelles qui feraient, avancé
l'enquête et le chef espérait bien d'une conclusion
rapide l'enquête.



Estelli semblait, comme à son habitude, épuisé.
Il arborait de larges lunettes de soleil et étaient plus
larges que d'habitude. On aurait dit des lunettes pour star où
l'objectif est soit de paraître le plus stupide possible ou
soit de faire mine qu'il s'agit de quelqu'un d'autre. De plus, de
légères modifications étaient apparues chez lui.
En l'occurrence, ses cheveux prenaient peu à peu un reflet
rouge. Peut être une teinture... Mise à part une
intervention maladroite de Nordstörm, personne n'avait vraiment
remarqué le changement.


D'ailleurs, notre jeune Agent Nordique, qui pour l'occasion portait
lui aussi ses lunettes de soleil, avait la fâcheuse habitude de
prendre un verre de vodka au réveil. Et nul doute que ce genre
de boisson servi dans un hôtel 4 étoiles devait être
d'une excellente qualité. Ce n'était pas seulement ce
simple alcool fort que l'on pouvait trouver en super-marché.
Non, dans ce genre d'endroit, chaque produit méritait
véritablement son appellation. Ainsi, pour cette fameuse
réunion, Nordstörm avait un comportement quelque peu
joyeux.


L'Onirologue et l'Euthanatos étaient présentes
elles-aussi et se tenaient côte à côte lors de
cette réunion.



La réunion commença par l'intervention de ID. Il montra
très clairement que la déflagration à
l'intérieur du corps de Taylor était véritablement
due à une arme de la Technocratie.


Berson déglutit. Sa première mission l'engageait contre
la Technocratie. Il finit par consommer, lui-même, de la vodka,
ce qui l'entraîna dans un profond coma. Mais Id avait été
plus loin sous l'empressement de ses collègues et rappela le
contenu de sa vision. Tous furent intrigués par les
révélations de Id.


De son côté, Nordstörm révéla qu'il y
avait eu des précédents par le passé et un
papier attestant de la signature d'un Adepte du Virtuel, précisant
que le dernier dossier similaire datait de deux ans auparavant et que
l'acte d'assassinat avait été clairement identifié
comme relevant de la Technocratie. Par faute de moyens, l'affaire
avait été classée.



Et de leur côté, l'équipe féminine
d'Interpol résuma dans les grandes lignes leurs péripéties
dans l'ancien cabaret de Nina Taylor. Mais jamais, elles n'avaient vu
un type vêtu de noir accompagné d'un corbeau. Elles
n'avaient eu que des informations sur une habituée du club et
proche de Taylor mais ne viendrait que dans quelques jours.






Plusieurs interrogations vinrent alors à l'équipe :




  • Qui était cet homme vêtu de noir et accompagné
    d'un cordeau?


  • Quel était ce bâtiment dont l'étage avait été
    détruit?


  • Qui était la mystérieuse personne que fréquentait
    Nina Taylor?


  • Quel est le lien entre la Technocratie et ce meurtre?


  • Quel est le rapport des anciens meurtres avec celui-ci?



Une machination semblait se dessiner dans l'Ombre et les pièces
s'emboîtaient petit à petit les unes dans les autres.
Mais chaque pièce les rapprochait d'une situation de plus en
plus dangereuse. Finalement, Nordstörm, qui venait de décuver
avec toutes ces informations, proposa d'aller se renseigner un
minimum au commissariat pour obtenir les anciens dossiers sur les
anciens meurtres après avoir obtenu une dérogation du
procureur.
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Ven 17 Oct 2008 - 14:38

Hôtel de
Police de Genève. Commissariat Central.








La petite équipe se trouva finalement dans le bureau du
Commissaire divisionnaire de la Police de Genève. Il affichait
la quarantaine. Réellement, il avait 37 ans et avait monté
rapidement les échelons. Peut être trop rapidement?



D'une poignée de main énergique, il se présenta
devant la petite équipe d'Interpol comme étant le
Commissaire Guillian Lombraso. Nordstörm, le plus expérimenté
en la matière, présenta la dérogation du
procureur pour l'ouverture de l'ancien dossier sur le Maître
Euthanatos. Mais notre mage de l'Ordre d'Hermès avait oublié
de retirer l'intitulé de l'Adepte du Virtuel. Le Commissaire
plissa les yeux et releva la tête pour observer la toute
puissante bévue des jeunes Initiés.



« Adepte du Virtuel? Qu'est-ce donc? »



Nordstörm réfléchit une fraction de secondes et
lança :



« Rien du tout, juste un contact qui a l'habitude
d'utiliser un pseudonyme... Et pour le bâtiment? »



Nordstörm changea rapidement de sujet de conversation pour
aborder la vision de Id.



« Oh pas grand chose. C'est une affaire classique, c'est
un homme qui s'est suicidé en répartissant du white
spirit dans son bureau et il y a mis le feu. Le white spirit venait
d'ouvriers qui l'avaient laissé le soir-même pour
peindre l'étage en question.



Le seul petit problème, c'est que la combustion rend difficile
son identification. » admit le Commissaire avec un petit
rire cynique.



  • Ah... Nous allons y faire un tour. Nous avons une procuration
    provenant du bureau du procureur.


  • Très bien, je vais donc vous laisser. Je vous remets l'ancien
    dossier et... » Le policier farfouille dans ses boîtes
    d'archives et tend le dossier à Nordstörm. « ...
    n'hésitez pas à revenir si vous avez un problème.


  • Nous n'y manquerons pas », répondit aimable le
    mage.









Les Agents d'Interpol se retirèrent. Le Commissaire rangea
quelques papiers dans son bureau le temps de s'assurer qu'aucun
visiteur inopportun ne viendrait le déranger puis décrocha
son téléphone :



« Agent Kell... »








* * *


Locaux de la
brigade Recherche, Investigation et Elimination de la Technocratie








La fine équipe d'enquêteurs arriva finalement devant le
bâtiment concerné. L'ironie du sort voulut que les
jeunes initiés se dirigeaient sans le savoir dans les locaux
de la Technocratie.



Attention, le hasard pour un Mage n'existe pas. Surtout dans ces
circonstances...



Leur voiture passa le bandeau de sécurité dressé
par la Police et se gara sur le parking réservé au
personnel et qui n'avait pas été touché par les
débris de l'explosion.



Un écriteau présentait la nature du bâtiment. Il
s'agissait du département de traitement des litiges
commerciaux et de service clientèle de la société
la plus influente en matière de télécommunication
pour la Suisse.



Devant les bâtiments, les véhicules d'une société
de déménagement stationnaient. De nombreux ouvriers
transitaient de lourds cartons dans les deux 25T affrétés
pour l'occasion. La société de télécommunication
semblait faire un grand déménagement. Et au vu des
circonstances, cela semblait normal.



Les détectives en herbe s'engouffrèrent dans le hall
d'accueil. Visiblement, le rez de chaussée n'avait souffert
d'aucun dégâts. A l'entrée, il y avait un luxueux
espace d'accueil avec la présentation des différents
services sur une petite affichette. Des halogènes, derniers
cris, envahissait la pièce pour surprendre le moindre visiteur
par un aspect innovant et moderne.



Cinq hôtesses d'accueil redirigeaient les visiteurs et
répondaient aux appels principaux.



En l'occurrence, nos visiteurs présentèrent leurs badge
et l'attestation émanant du bureau du procureur. L'une des
hôtesses, dont la fonction principale est de répondre à
n'importe quelle éventualité, effectua un petit
hochement de tête et leur précisa :



« Mesdames, Messieurs, votre accès se limite donc
au rez de chaussée et au premier étage. C'est au
premier étage sur la gauche que vous trouverez les lieux de
l'incident. »



Comme une banderole jaune fluo indiquait la mise hors service de
l'ascenseur, nos Agents se laissèrent guidés et
empruntèrent les escaliers tout en esquivant les déménageurs.



Arrivés à l'étage concerné, la pièce
d'introduction était déjà dans un état un
peu plus délabré. Et l'aspect moderne du design avait
été définitivement tronqué. Les portes de
l'ascenseur avaient été soufflées, le bureau de
l'accueil du premier étage avait volé en éclat
contre la paroi du mur à proximité de l'escalier et les
portes coupes-feu du bureau en question gisaient sur le sol
désolidarisées de leur structure.



Tandis que les Agents intrigués se dirigeaient vers
l'épicentre de l'explosion, Id posa la main sur la paroi d'un
mur et demeurait perplexe. C'était un scientifique et le
volume de la pièce semblait trop faible. Par ses dons de
perception, il réalisa que la paroi était bien trop
épaisse et sécurisée pour un banal siège
de télécommunication. Il en fit part à ses
collègues. L'enquête avait commencé.



Pour Id, ce mur devait cacher quelque chose. Il n'avait pas tout à
fait tort. Voulant joindre Berson, il sortit son portable mais aucun
réseau ne filtrait à travers la batisse. « Prévisible »
pensa t'il.



L'équipe continua par l'entrée qui avait été
soufflée. Stoppant sur le pas de la porte, ils constatèrent
un spectacle de désolation.



Les murs avaient noirci par la chaleur dégagée par
l'explosion. Les bureaux avaient fondu ou avaient retourné par
le souffle. Les ordinateurs étaient détruits. Des
centaines de feuilles jonchaient sur le sol et un peu plus loin, les
canalisations d'eau, rompues, avaient déversé des flots
d'eau sur le carrelage. A l'origine, ce devait être des bureaux
mais les cloisons étaient à peine visible par endroit.
Et au sol, des petites affichettes de Police étaient
disposées. Ce devait être les restes du corps.
Seulement... La Police avait certainement dû faire son travail
à moitié car de petits restes calcinés d'os et
de chair subsistait encore.



Ces traces de cadavre, cette eau stagnante, l'éparpillement
des papiers, tous ces indices n'indiquaient pas le suicide. Bien au
contraire, ça sentait l'enquête bâclée. Id
posa ses mains contre une paroi du mur. Les diodes de ses appareils
se réveillèrent. Et traçant une sorte de forme
tubulaire, le béton prit une teinte jaunâtre et dont la
matière semblait laiteuse. D'ailleurs, le matériau
transformé commença à fondre sous l'effet de la
chaleur ambiante. Et au bout de quelques minutes, la paroi s'était
entièrement disloquée. Id regarda de l'autre côté.
Il écarquilla les yeux lorsqu'il se rendit compte que le mur
donnait sur la chaussée. Son raisonnement était à
prendre à l'inverse. En effet, c'est bien le lieu où se
trouvaient les enquêteurs qui était surprotégé.
Que cachait donc cet endroit?



Ils ne le savaient pas encore mais notre éminent Fils de
l'Ether de la faction des Savants fous venait de révéler
à leurs plus grands ennemis leur présence.



Evitant les multiples flaques d'eau, la petite équipe
poursuivit son inspection. Dans le prolongement du bureau,
l'encadrement d'une ancienne porte donnait sur une pièce
particulièrement sombre. La porte, elle aussi, s'était
volatilisée, preuve de la puissance du choc.



La lampe torche de Nordstörm révéla l'intérieur
de la pièce. De nombreux écrans panoramiques ornaient
les murs. Ils étaient pour la plupart endommagés par
l'explosion ou devenus inutilisables. Les unités centrales,
auxquelles étaient reliés les écrans, étaient
totalement démantibulés. Il ne restait plus grand chose
à analyser.



Néanmoins, cette salle intriguait les enquêteurs. Quel
pouvait-être l'objet de l'utilisation de ces écrans?



La réponse leur fut révélé dans la salle
qui suivait. Celle-ci n'avait pas été touchée
par l'explosion. Une lueur blafarde permit de faire apparaître
plusieurs étagères disposées les unes en face
des autres. Chaque niveau présentait une classification
quotidienne de cassettes vidéos. Il y en avait des dizaines,
des centaines... Cette pièce était en fait l'organe de
stockage des archives de la salle précédente. La Police
n'était donc pas allée plus loin car l'ensemble des
stocks était présent.



Les enquêteurs comprirent alors que les services de
télécommunication n'utilisaient pas vraiment ce
bâtiment pour leur activité originelle.



En poussant une autre porte, ils découvrirent l'effervescence
d'un service marketing. Du moins, c'est ce qu'ils voulaient faire
croire. Mais les Agents d'Interpol n'avaient pas tous été
dupés. Les employés, remarquant les intrus, avaient
subrepticement modifié leurs écrans pour afficher des
données comptables et financières.



L'Hermétique aperçut la supercherie et interrogea une
employé.



« Madame, vous pouvez m'expliquer ce que vous faîtes
ici? » L'inspecteur montra son badge et l'attestation
émanant du bureau du procureur.



La femme devait approcher la quarantaine. De petites rides, marque du
temps et de la rigueur de son travail, en témoignaient.



Id, le Fils de l'Ether écoutait à peine. En appuyant
sur deux touches simultanément, les écrans qui
affichaient des données financières, se brouillèrent
pour afficher de nouvelles données.



Les enquêteurs en restèrent ébahis. Il s'agissait
de système de vidéo-surveillance provenant de la
mairie, de la Police, des bibliothèques, des impôts, des
banques, de l'armée...



Des bruits de pas derrière les enquêteurs révélèrent
un homme assez particulier. Comme tout cadre d'entreprise, il était
vêtu d'un costume noir et d'une chemise blanche et malgré
le fait d'être à l'intérieur d'un bureau, il
portait lui aussi des lunettes de soleil.



Vu sa stature, sa coupe et sa rigidité, on aurait pu penser à
un ancien militaire.



« Agent Kell, je supervise ce département. Que
puis-je pour vous Mesdames, Messieurs? »



Il ajusta ses lunettes sur son visage tout en dévisageant
chacun de ses protagonistes. Mise à part Id, un peu tête
en l'air, tous les Mages avaient reconnu la chevalière des
membres du Nouvel Ordre Mondial et avaient dressés une
barrière mentale. Le responsable s'arrêta un instant sur
Id puis se tourna vers Nordstörm puisqu'il menait
l'interrogatoire avec l'employée.



Ce dernier répondit en montrant son badge.



« Que faîtes-vous ici, Agent Kell? »



Sans se démonté, il répondit :



« Vous n'avez pas les accréditations nécessaires
Monsieur. Ces services relèvent de la sûreté
nationale. »



Nordstörm s'entêta néanmoins :



« Mais encore...?



  • De la surveillance...


  • Cela vous dérange si on vous emprunte quelques cassettes.?


  • Faîtes-donc, répondit le Technocrate sûr de lui.


  • Estelli, Id, retournez auprès des archives et prenez les
    cassettes. Nous allons avoir une petite entrevue avec l'Agent
    Kell. » termina Nordstörm en se tournant vers ses
    collègues.









* * *


Salle des archives
du pôle Recherche, Investigation et Elimination du Nouvel Ordre
Mondial de Genève.









Nos jeunes initiés faisaient preuve d'une intrépidité
hors normes. Voilà des décennies que les Mages
agissaient dans l'ombre et là, la Technocratie sous la main
une brigade d'élite des Traditions.



Id s'occupait de trier les cassettes nécessaires.



« Estelli, qu'est-ce que tu prends, demanda le
scientifique. »



Id continua sans vraiment attendre une réponse. Puis, au bout
de quelques instants, le Fils de l'Ether ressentit un frisson lui
parcourir le long du dos. Les étagères se mirent à
trembler légèrement. L'Ethéré aperçut
son collègue agenouillé une main au sol. Sentant des
décharges magiques, Id enclencha son scanner et vit Estelli
provoquer des décharges colossales d'énergies
entropiques au sein même de la structure du bâtiment.
Grâce au scanner, Id vit les yeux d'Estelli rougeoyer ainsi que
sa chevelure. Id remarqua alors que la structure commença à
se lézarder. Estelli cessa son sortilège et prit la
fuite sous les yeux ébahis du Fils de l'Ether.
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Mephysto
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Ven 17 Oct 2008 - 14:38

A l'extérieur
du bâtiment






Les enquêteursd'Interpol avaient tous désertés
le bâtiment, précédé par l'Agent Kell.
Puis, à peine sorti du bâtiment, une explosion remua la
battisse qui s'écroula.


Décidément, cela devenait une habitude pour nos mages.
N'en demandant pas davantage et pour éviter les bataillons de
la technocratie, ils se retirèrent.


Décidant collégialement d'étudier les
informations qu'ils disposaient, ils prirent la direction du QG
d'Interpol.






« Que s'est-il passé bordel? Fustigea Nordstörm
qui conduisait la Mercedes blindée de fonction.

  • Demandez à Estelli, répondit Id.
  • On avait affaire à la Technocratie. Je les ai éliminé,
    répondit-il implacablement.
  • Ouais, mais nos preuves sont partie en ... »



Nordstörm s'interrompit en remarquant une voiture lui suivant
dans son rétroviseur. Son pare-brise avant se baissa. Une arme
à feu engagea le tir. Nordstörm, par des esquives
miraculeuses, échappait aux tirs. Par contre, les véhicules
autour de lui n'avaient pas cette chance et prenaient les ogives de
l'assaillant. Les voitures victimes de l'échauffourée
furent démembrées avec seulement quelques rafales.


Nordstörm, tout en conduisant, répliqua en utilisant de
ses dons. Une voiture à côté d'eux fut
littéralement transpercé par une décharge
bizarre. Les tirs devinrent plus spasmodiques mais plus puissant.
L'Effet de l'Hermétique fonctionna à merveille. Le pneu
avant droit explosa. Certes, la voiture commença à
ralentir mais le type derrière eux continuait inlassablement
sa traque.



Mais Nordstörm ne pouvait continuer ses esquives et faire sa
magie. Leur poursuivant avait pu lui aussi se concentrer sur sa
décharge.


Cette dernière et entama le véhicule blindé
d'Interpol et découpa pare-brise et toiture. Heureusement,
l'ensemble des mages avaient vu le coup venir et s'étaient
baissés.



Nordstörm, maintenant au volant d'une décapotable,
fulminait.



« Estelli, fais quelque chose, on va y passer!!!

  • tant pis, je n'avais pas envie d'agir maintenant... »



Une lueur étincelante se matérialisa sur le
périphérique. Pour nos enquêteurs, la poursuite
s'arrêtait là.






* * *

Hélicoptère
R. Info



« Nous sommes actuellement au dessus du périphérique
Ouest de Genève. Un effroyable accident vient de se produire.
Au kilomètre 121, les piliers porteurs du périphérique
ont cédé. Plusieurs dizaines de voitures ont plongé
dans le vide. Actuellement, on est encore incapable d'analyser les
raisons de l'incident.


Une voiture semble aussi avoir fondu selon les témoignages.
Les autorités restent silencieuses sur les circonstances
générales de cet effroyable incident. Le maire de
genève a assuré qu'une enquête était en
cours pour déterminer la responsabilité des faits de
l'accident.


C'était April O' Neil pour Canal 12. »






* * *

Hôpital Marie
Curie. 3 jours après.







Le grand Berson, fleurs à la main, entra dans la salle de
soins intensifs de l'hôpital. Et sur les lits, l'ensemble de
l'équipe gisait couverte de bandage. Pagini pouvait se
féliciter d'être en mission ailleurs. Il manquait aussi
Estelli à l'appel.


« Salut les jeunes. Je viens apporter des nouvelles. »


Le chef de la brigade se posa sur un siège réservé
aux visiteurs. C'était un siège standard que l'on
pouvait trouver dans les petites salles de cours proposées
dans les groupes scolaires mais Berson ne s'en offusqua pas.



« Vous revenez de loin. Vous avez survécu à
un incident majeur sur le périphérique Ouest. On vous
a retrouvé alignés et inconscients sur le bord de la
route et en dehors de votre véhicule. D'ailleurs, votre
Mercedes a ... fondu. Oui, je crois que c'est que c'est ce terme que
l'on peut employer. J'ai d'ailleurs été analyser
l'épave et je suis incapable de savoir ce qu'il s'est passé.
Il y a bien de la Magie dessous mais aucune sphère ne répond
à ce que j'ai vu.


Nous n'avons pas non plus retrouvé le corps d'Estelli.


Les jeunes initiés écoutaient leur boss et restaient
silencieux.



« Je me suis permis de visionner les cassettes que vous
aviez récupérer lors de votre investigation Madame
Mounia. Vous m'excuserez d'être passé à vos
appartements mais comprenez que je m'inquiétais et je suis
tombé dessus par hasard. Et, grâce à une équipe
de techniciens, j'ai pu identifier l'homme en noir qui allait chez
Taylor depuis un mois.


Il s'agit d'Estelli... »






* * *

Quelque part à
Genève.






L'Agent Kell se tenait la tête inclinée devant une
montagne humaine. Lui, qui était, d'habitude imperturbable,
tremblait devant l'homme qui se tenait face à lui.


« Je viens de voir le reportage Agent Kell. Votre Agent
semble avoir échoué. » Dit-il sèchement.


« De qui s'agissait-il?


  • Agent Baller. Matricule AAA87 ID-387. »



La montagne de son fauteuil pianota tranquillement sur un clavier. Un
écran descendit devant lui, renseignant des données sur
le dénommé Baller.



« Je vois ... Un « formaté »,
robotisation 35% et une série 87. C'est notre meilleur Agent
en élimination. Et les bobines d'enregistrement?

  • Détruites par l'onde sur le périphérique,
    murmura l'officier.
  • Regrettable, continua le Président du Nouvel Ordre Mondial.
  • Mais j'ai leur signalement. Ils sont d'Interpol et l'un d'eux est au
    moins un Eveillé. »



L'écran se retira. Le géant observa son subalterne et
demanda :


« En êtes-vous sûr Agent Kell?

  • J'en suis sûr Président. Son aura ne m'a pas trompé.
  • Bien! » Il l'avait prononcé d'une voix lente et
    sinistre. « Bien, reprit-il. Nous nous contenterons de
    suivre le plan. Nous avons bien à faire avec les Orphelins. »



Kell leva un sourcil surpris. Il ne s'attendait pas à un tel
calme de son supérieur.


« ... Mais ... Et les Agents d'Interpol?

  • L'incident du périphérique... Ce n'est pas un Mage qui
    a fait ça. »



Un sourire naquit sur le visage du Président. L'homme
calculait tout et chacun n'était qu'un pion pour lui.
Normalement, il aurait même du aider ces Mages pour affronter
l'abomination du périphérique.


Mais, c'était bien plus facile d'agir dans l'abstention. Mais
même en s'abstenant, il connaissait déjà le
résultat. Il prit un dossier entre ses mains. Dessus, on
pouvait lire : « Cardinal de la basilique Sandesta.


Signé Corbeau »
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Mephysto
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Lun 8 Déc 2008 - 23:10

Baslique
San Pedesta Genève.


Pagini, l'honorable
initié du Choeur Céleste, ruisselait de sueur. Chaque
épreuve au sein du Choeur Céleste était à
la fois mentale, et physique. Le Choeur éprouvait sa fois pour
l'Unique de Pagini tandis qu'il devait rester immobile, et fixant les
flammes de Prime. Pagini, vouté sur une longue canne ornée
d'or et prolongée d'une croix priait depuis de longues heures.
Les yeux fixés sur les lueurs de l'unique, Pagini affinait sa
compréhension du Prime et réussit au bout de longues
heures à manipuler une partie de cette énergie. Cela
faisait un peu plus d'une semaine que Pagini travaillait ses dons en
alternant études, prières, psaumes dans la grande
salle. Pagini sentait ses muscles se tendre, prêt à
lâcher quand il réussit enfin à faire mouvoir les
ondes de Quintessence.


Il observa ses collègues.
Il ne connaissait pas encore leur nom mais il devinait leur trait à
travers leur grande toge noir. Une large capuche coiffait leur tête
et une griffe en plaqué or maintenait la toge sur leurs
épaules.

Puis un soir, ses paroles
vinrent se réverbérer dans les ondes de Prime pour en
former une sorte de lueur divine. Pagini avait réussi à
manipuler les premières énergies du Prime.

Il finit par se décider
de mettre fin à cet exercice sous l'approbation de son
supérieur. Les prêtres du Choeur n'ont jamais été
libre et étaient soumis à un mode de vie très
strict. Diverger de points de vue, ne pas obéir à un
ordre de la hiérarchie était source de bannissement, au
mieux de la disgrâce. Non, le Choeur Céleste n'était
pas une Tradition souple où la tolérance n'était
pas vraiment le mot d'ordre de la secte et Pagini incarnait cet état
d'esprit.
Il prit le chemin de sa
chambrée. A peine entrant, il posa un genou à terre,
inclina la tête vers le bas et récita une prière
en l'honneur du Prime. Le rituel effectué, il s'allongea sur
son lit. Ses pensées dérivèrent puis vinrent se
fixer sur ses collègues d'Interpol. Il se redressa et alluma
machinalement le petit téléviseur. Il tomba sur
l'incident du périphérique.

Pagini ne le savait pas
mais c'était son avatar qui l'avait poussé à
allumer la télévision. Mais qui s'en serait douté?
Un mage expérimenté? Non, l'expérience
n'indiquait en rien l'attention du monde surnaturel.

Pagini finit par se
rendre à l'hôpital mais nos survivants étaient
toujours bien mal en point.




Une semaine plus tard,
Pagini apprenait le réveil de ses compagnons. Mais presque au
même moment où il apprenait la dimension des événements,
d'autres se déroulaient dans l'ombre. Un message sur son
portable l'avertit que la Cathédrale était en feu.
Le prêtre était
déjà sur le chemin du retour. Dans son véhicule,
il se concentra, psalmodia. Son conscience traversa l'espace et le
temps. Il se promena à travers les braises et le feu
rougeoyant pour explorer les décombres du passé. Son
Maître le Cardinal Shol Tierzol était en prise avec un
Technocrate. Le Cardinal affichait un bâton renforcé par
l'énergie divine, son assaillant arborait une sorte de sabre
mué par une énergie verdâtre. Cette énergie
venait se reflétait sur la pierre de la battisse. Le Maître
montrait une énergie incroyable et semblait démontrer
une vivacité d'esprit qu'aucun humain de cet âge avancé
n'aurait été capable de réaliser. Mais c'était
un Maître.
Et bien qu'il fut
Détenteurs des savoirs de la Tradition, il n'en était
pas moins un des consultants du Conseil des Neufs. Il retournait
chacune des attaques de son assaillant. Il combattait tels des démons
dans les couloirs déserts, sombres et froids de la Basilique.
Les décharges d'énergie donnaient de nombreux éclairs
à chaque entrechoquement. Mais le Technocrate savait aussi
utiliser son environnement à son avantage. Le Maître
buta sur une dalle et se retrouva au sol, son bâton volant à
plusieurs mètres. Il était désarmé. C'est
du moins ce qu'avait pensé le Technocrate.
Le Maître saisit un
pendentif et psalmodia. L'assassin vit son arme se briser et
disparaître dans le néant. Une onde de choc l'envoya à
terre. Le Maître se redressa difficilement.
Mais l'autre était
déjà debout et courait vers lui déchaîné.
Une lumière illuminait sa ceinture. Une explosion secoua la
Basilique. L'assassin s'était suicidé. Le Maître
lui avait échappé à l'explosion mais tombait
plusieurs dizaines de mètres en contre bas. C'est ainsi que le
retrouva Pagini alors qu'il traversa les flammes et l'Enfer pour
retrouver son maître.
Mais les flammes
n'étaient pas des flammes ordinaires. Elles étaient
noires. Et une seule chose pouvait faire ce genre de pouvoir. Alors
que Pagini ramenait son Maître dans une ambulance, il tourna
instinctivement la tête vers sombre Cathédrale en proie
aux flammes.
A l'intérieur,
descendant en flottant d'une charpente, une créature faisait
son apparition. Les flammes sortirent du corps de la chose. Un
brouillard vert pâle sortait de ses orbites. Sa peau noircie
par la suie, et brûlée en faisait une sorte d'être
inhumain. Son habit noir semblait s'embraser mais toujours demeurer
en son état d'origine. Sur le col de sa veste, les armoiries
des Euthanatos étaient toujours visibles.


* * *




Canal 12.




Une jeune femme blonde
avoisinant la trentaine achevait son rapport journalier. Le journal
du 20h s'achevait et les pages de publicité se succédaient
inlassablement quand l'annonceur de la météo nationale
déferlait enfin.


Un homme, le crâne
dégarni, les yeux rougis par la fatigue démontrant un
certain manque de sommeil se présenta. Plusieurs couches de
maquillage tentaient de dissimuler les sillons de son âge
avancé et surtout la tension qui régnait sur son
visage.

- Mesdames, messieurs,
un cyclone semble se diriger ou plutôt se former au dessus de
la Suisse. Depuis, un mois maintenant, nous faisons l'objet de
pluies diluviennes notamment sur la ville de Genève. L'Armée
a mis en place des digues artificielles pour limiter le Lac Léman.
Bien qu'étant en plein mois d'avril, nous oscillons entre des
températures de -15°C et à peine 5°C. Un
gigantesque cyclone semble venir du Sud de l'Italie et se concentre
de jour en jour. Il atteindra une amplitude de 4 avec des vents de
230 km/h. L'armée a d'ores et déjà prévus
des mesures pour « accueillir » le cyclone.


Une vidéo
accompagne les dires du journaliste et présente la
construction de structures renforcées. Des civils voyageant
ou vivant en mobilhome sont redirigés vers le Nord du pays.


Une autre vidéo
prend le relai et montre l'amplitude du cyclone.

- Nous demandons donc
à tous les citoyens de la ville de Genève de rester en
sécurité chez eux notamment dans les caves ou de
rejoindre les autres cantons s'ils le peuvent.




* * *

Sous la pluie battante de
Genève, les Mages poursuivaient leur enquête. Nordstörm
était loin de se douter qu'il était responsable en
partie du temps reignant sur Genève. Mais il n'était
pas le seul... Et la raison de cette situation allait bientôt
éclater. Et pas forcément pour les réjouir.


Les révélations
tombaient une à une.
Le Maître du Choeur
Céleste avait finalement été assassiné
dans son sommeil à l'hôpital. Les Adeptes du Virtuel
avait pu capté une liaison montrant que Kell lui-même et
un autre homme au visage brouillé s'en étaient chargés.
Cet autre homme semblait provenir des Progéniteurs. Une autre
faction redoutée de la Technocratie. Le Nouvel Ordre Mondial
et cette faction s'étaient réunis pour assassiner un
des derniers Maîtres encore vivants.
Chose encore plus
troublante, ce Maître était un proche de l'ancien Maître
Euthanatos assassiné cinq ans auparavant. Et ce Maître
Euthanatos n'était tout autre que l'ancien Maître de
Simon Estelli. A cet époque Simon Estelli était un
Adepte et reconnu comme l'un des Mages les plus prometteurs de sa
génération. Ce dernier avait une nouvelle fois disparu
et deux Maîtres l'ayant cotoyé de près étaient
morts. Une Adepte du Culte de l'Extase avait elle aussi succombé.
Il semblait que tous les proches de l'Euthanatos étaient
amenées à disparaître.


Quel était cette Magie Noire qui semblait affecté la Magie elle-même?


Une amie intime de Nina Taylor révéla que Simon Estelli était l'amant de
Nina Taylor et celle-ci voulait rompre avec sa vie présente et
se consacrer à son amour secret. Mais cet amour fut
brutalement arraché par sa mort. Simon Estelli semblait être
une partie de l'énigme.

L'autre partie de
l'énigme était la Technocratie. Ceux-ci semblaient avoir annihilés tous les Mages de manière sanglante.
Les différentes pièces du Plan s'emboîtaient les uns dans les autres et ne laissaient présager rien de bon. Les
Mages d'Interpol devinaient un plan bien sombre.

Et tandis que l'enquête
arrivait à son terme, les morts pleuvaient, le cyclone
approchait annonciateur d'une brûlante vérité,
une vérité si terrifiante que les Mages semblaient
frissonnaient à chaque Éveil.
Chaque pas marqué dans la pluie semblait être un fardeau abominable pour ces
jeunes initiés.

La dernière partie
de l'énigme constituait la dernière partie du puzzle.
L'homme au Corbeau. Il demeurait introuvable. Mais le cyclone
approchait. L'oeil se dessinait déjà.


Cette partie demeurait
encore obscure.




Non loin du « 3P »


Nordstörm, Pagini, et Madame Mounia quittaient la maison close
lorsque leur regard se portèrent sur un corbeau. Que faisait
un corbeau là? Sous cette pluie battante, le corbeau les
observaient sur une corniche. Puis lassé probablement, il
décolla. Ils essayèrent de le suivre mais la pluie les
en empêchait.


Finalement, grâce à la voiture de fonction de Pagini,
ils purent le suivre. Le corbeau avait contourné puis longé
le bâtiment pour se réfugier dans un renfoncement. Plus
qu'un renfoncement, il semblait que ce soit une ancienne baie vitrée
circulaire. Mais elle avait été fracturée.
Essayer de déceler un moyen de monter dans ce renfoncement,
ils essayèrent de trouver un moyen de grimper là haut
mais rien ne le permettait.



La sonnerie du portable de Pagini résonna :

- Ici, Berson, sortez de votre voiture maintenant, elle va exploser!



Sans même rechercher le comment du pourquoi, tous les Agents
sortirent du véhicule. La voiture blindée, celle prêtée
à François Pagini pour Interpol explosa. La fumée
révéla l'origine de l'explosion. De la verrière
cassée, une forme sombre se dessinait. Il y avait quelque
chose ou quelqu'un qui était responsable de cette attaque.
Ils firent demi-tour et demandèrent au bar man du 3P un moyen
de grimper dans l'appartement correspondant. Et comme le principe de
l'aléatoire est bien de prendre une certaine cohérence
à un certain moment.
Une plaque indiquait le nom de l'ancien propriétaire de
l'appartement : Nina Taylor.
Armes à la main, les mages entraient. L'endroit semblait
désert. Le vent et l'humidité leur rappela que la
verrière avait été fracturé. Le plancher,
qui anciennement devait être splendide, était gondolé.
La vermine minait le sol. La cheminée sur la gauche n'offrait
rien de plus que des filins de suie dansant avec les petites
bourrasques s'engouffrant dans la pièce. Sur la droite, en
face de la cheminée, il y avait les vestiges d'un lit. Les
couvertures avaient rongées par les rats. Un corbeau s'envola
à leur arrivée et disparut sous les pluies diluviennes.
La forme sombre était tout simplement un vieux modèle
soviétique de lance-roquette. Il flottait dans l'air.
Déclenchant leur sens des façons les plus hétérogènes
qu'elles soient, nos mages identifièrent un petit fil de
Correspondance.

Quelqu'un avait manipulé cet objet à distance.



Pagini en remontant le temps, n'eut pas la capacité de voir
qui avait effectué cette tâche. Le mystère de
l'homme au Corbeau demeurait.



* * *


Revenant vers le QG d'Interpol







Pagini était celui qui avait les sens les plus aiguisés.
Alors qu'il reprenait le chemin du retour, à 100 mètres
de la tour du QG d'Interpol, une vive sensation attira son attention.
Il tourna la tête et à travers son pare brise
ruisselant, il vit une forme dont une lueur verdâtre semblait
se dégager dans la noirceur d'une ruelle.



Il fit demi-tour. La Forme n'était plus là. Il regarda
à droite et à gauche. Rien. Un crissement métallique
attira son regard à quelques mètres au dessus de lui.
Il vit quelque chose qui escaladait l'immeuble. Il reconnut le reste
d'un manteau, un manteau qui lui paraissait si familier. La
silhouette disparut au dessus du toit. Ce manteau, Pagini l'aurait
parié. C'était celui de son ancien coéquipier
Simon Estelli.


* * *


Bâtiment des études météorologiques
de Genève





Alors qu'au dessus d'un immeuble, une bataille de Mage faisait rage,
un météorologue se penchait au dessus de ses multiples
instruments.

- Cette chose accélère, puis décélère.
Elle semble douée d'une volonté propre. Il est
impossible de prévoir son arrivée. Mais....

Le scientifique pâlit.


- Elle se renforce. Une catégorie... 5. Ici en Suisse, c'est
impossible. Mais que... Je deviens fou maintenant. J'ai cru un
moment qu'elle ait changé de couleur.


Le scientifique se posa sur son fauteuil transpirant pensant au
moment où il devrait annoncer la nouvelle à la
population locale.
Il reposa les yeux sur son instruments. Le thermomètre
indiquait une chute de 25°. L'oeil atteignait une dimension d'une
centaine de kilomètres pour une hauteur de 1000m. Et ça,
ne fait qu'empirer.


Mais le scientifique n'avait pas été victime d'une
hallucination. L'espace d'un instant, le cyclone avait vu sa teinte
couleur de neige s'obscurcir pour adopter une robe noire.
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Mephysto
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Jeu 1 Jan 2009 - 16:28

Dans le QG d'Interpol

Berson était assis à son bureau. Un petit canari voletait derrière lui à l'air libre. L'onirologue essayait de percevoir ce que l'avenir leur réservait. Il avait beau être du rang d'un Adepte, certaines énigmes lui demeuraient inconnues. De nombreux ouvrages étaient entassés en face de lui. Certains, poussiéreux, étaient ouverts sur des chapitres décrivant certains passages mystiques.
Sa lampe de bureau scintillait par alternance. Le cyclone arrivait et bon ombre de foyers étaient déjà coupés d'électricité. Le Nord de l'Italie avait déjà été ravagé, le côté Provençal de la France aussi. La dernière étage serait la Suisse. Mais une énigme demeurait encore pour le corps scientifique.
Le cyclone se dissipait et réapparaissait par moment avec encore plus de vigueur.

Les Chrétiens y voyaient l'Oeuvre de Dieu. Ils n'étaient pas loin et le Choeur Céleste était sans doute la Tradition la plus proche de la vérité par la matérialisation du Prime.
Mais ce n'était pas tout à fait ça. Berson fut le premier à détenir la réponse de cet évènement

"Témoignage de Charles Falhed, Maître de l'Ordre d'Hermès 1550 - 1588

J'ai pu constater que certains éveillés avaient une Puissance disproportionnée par rapport à leurs homologues. Généralement, cette Puissance s'explique par le degré d'élévation de leur Avatar.
Mais cela n'explique pas tout. Un avatar puissant n'est qu'une source infinie de Quintessence. Mais j'ai pu apprendre que certains étaient bien plus que ça. Si un Avatar est un éclat de Prime, il en existe certains qui ont préexisté à la dispersion et qui ont donné tous les Avatars les plus couramment répandus.
Ce serait en quelque sorte, l'Avatar des Avatars, ceux qui seraient à l'origine de tout. Mais ce n'est pas tout, une matérialisation de tels Avatars engendrerait la destruction absolue des mondes. Ce n'est qu'une possibilité mais il est possible que ce soit ces entités qui soient responsables de la tempête des Avatars présente dans l'Umbra profonde.
Le seul cas que j'ai pu observé de mes yeux de Mage fut l'émergeance d'un volcanisme destructeur en Italie.

Mes études ont pu remarquer d'autres traces de ces Avatars. Des comètes, le non-espace, la Terre elle-même parfois sont des matérialisations de ces Avatars. Je les ai nommé les Avatars à l'essence infinie"

Berson referma son livre. Du haut de sa tour, il vit une brume profonde mais colossale approcher. Le cyclone de catégorie 5 s'était matérialisé à nouveau. Et ce cylone se renforçait de plus en plus. Il faisait à présent moins 20°C. Des vents de plus de 100Km/h avaient commencé à souffler.
La ville en contrebas lui semblait morte comme si quelque chose aspirait la vie de cette ville. Pas quelque chose, se dit-il. Quelqu'un.
Simon Estelli était un Maraudeur disposant d'un Avatar infini. Il secoua la tête et retomba lourdement dans son fauteuil désespéré.

* * *

De leur côté, chaque Mage suivant les conseils de Berson tenta de communiquer avec son Avatar. La chose était normalement impossible. Mais ce Cyclone bouleversait tous les équilibres. Il était un Ange destructeur, pur dans sa destruction et mué par la folie de son détenteur. Il était un événement incontrôlable.
Id retourna auprès du seul de ses congénères et médita dans ses sous-sols. Et finalement son Avatar lui révéla un avenir possible, la destruction de la planète s'il n'agissait pas. Mais aussi, son Avatar dynamique lui montra plusieurs images incohérentes en elles-mêmes. Mais tout Avatar suit sa logique.
La première image montrait deux hommes face à face. Le premier semblait être Estelli. Il était facilement reconnaissable aux ondes de Prime émergeant de lui mais aussi à l'Energie noire qui émanait de lui. L'homme était l'homme en corbeau. Les deux hommes semblaient s'affronter dans un parc. Le même parc qui abritait les oiseaux de cet homme. Estelli l'avait donc retrouvé.
La seconde image était une silhouette dans l'Ombre imposante. Celui qui manipulait tous les évènements dans l'Ombre.

Ce même personnage souriait. Les rapports affluaient sur son bureau. L'aide des progéniteurs lui avait permis de mettre fin au Maître du Choeur Céleste. Ces petits Eveillés seraient éliminés par le déséquilibre causé par le Cyclone. Lui avait décidé de rester sur les lieux car il ne craignait pas grand chose.
Cet évènement était bien sûr d'une puissance gargantuesque. Et aucun membre de la Technocratie ne pouvait lutter contre ce phénomène. Certains avaient pensé à rayer Genève de la carte.
Mais Genève était aussi le siège d'une faction des plus puissantes de la Technocratie.
Et puis... Il s'était opposé à cette bombe. Il souriait. Oui... Il voyait tous ses ennemis dispaître un à un. Mais cette chose incontrôlable devait être guidé. Laisser filtrer l'adresse du parc n'était pas difficile pour lui.
Oui tous les événements étaient en marche et il serait là pour rire de l'ironie de la situation et de ses ennemis.
Vampires, Mages, Loups Garous, Esprits de l'Autre Monde. Ce Cyclone rayerait tout. Il ne savait pas pourquoi ce cyclone était si spécial mais seul le résultat comptait. Sur ce point là, il se trompait.

Le mage de l'Ordre d'Hermès revint à sa fondation. Ces derniers avaient décidé de renforcer leur Fondation. L'Adepte Ernest Dinand refusait de voir tous les savoirs de l'Ordre perdus à cause de ce Cyclone inconnu. Dinand était un homme ou plutôt un Mage butté. Peut être était-ce la raison pour laquelle, il n'était qu'Adepte.
Finalement ses compagnons débarquèrent à sa Fondation dans la recherche d'un moyen de s'en sortir. Madame Mounia eut la bonne inspiration. Détruire l'Avatar.
L'idée pouvait paraître saugrenue mais cette ambition pouvait les sauver.
Dinand stoppa ses rituels pour laisser quelques minutes à Mounia de s'expliquer. Les vieux grimoires de l'Ordre vinrent donner la solution : la punition la plus terrible jamais découverte. Le rite du Gylgul.
Ce rituel détruisait l'Avatar à tout jamais et rendait donc impossible sa réincarnation.
Le problème est qu'il fallait entouré le Mage concerné et récité une formule pendant 5 minutes consécutives tout en maintenant l'équilibre et le pivot de neuf Traditions. Il fallait donc encercler Estelli pendant 5 longues minutes.

Un tremblement vint remuer la fondation et presque en même temps, la sonnerie d'un portable retentissait. C'était Alex ID.
"Je suis avec Berson. L'Oeil a accéléré, mais ce n'est pas tout..."

* * *

Station orbitale de la Technocratie à 50 Km au dessus de la Terre

"Jack, viens regarder ça. Regarde moi l'amplitude du cyclone. L'oeil fait 50 km pour une hauteur de 4 Km de hauteur. Il arrive sur Genève. Il a accéléré... Mais attends..."
La station elle-même commençait à trembler. Les instruments papillonnaient puis devinrent silencieux. Toute l'électronique avait surchauffé.
"Mon dieu... Ce n'est pas possible."

Une lueur verte vint sillonner la ville de Genève, vint transpercer l'athmosphère terrestre et se prolongea dans l'espace transperçant la station orbitale qui explosa sous l'impulsion du champs.

* * *

QG d'Interpol.

Le batiment tremblait comme s'il s'agissait une brindille sous l'effet des vents. Les vitres elles-mêmes tenaient miraculeusement. Berson avait judicieusement renforcé les points de rupture.
Berson et Id assistaient impuissant à la matérialisation de cette immense colonne verdâtre. Ils en connaissaient déjà l'auteur. Simon Estelli sans doute le maraudeur le plus puissant que la Tellurie ait jamais rencontré. Si par le passé, la Technocratie s'alliait aux Mages pour se débarrasser de ces abominations, là, les Mages étaient seuls et beaucoup avaient déserté la ville.
La brigade spéciale d'Interpol était seule ou presque pour terminer ce problème.

La colonne s'épaississait et grandissait. Finalement des tornades apparurent en ville, mais le problème s'envenimait. Un trou noir traversé d'éclairs se formait au dessus de la colonne verte.
Berson jura:
" C'est insensé, il déchire l'espace entre les mondes."
En effet, une paroi sur l'Umbra se déchirait. Une paroi de plusieurs dizaines de mètres.

Id prit les jumelles et observa la source de la colonne ; les restes d'une pancarte glacèrent le sang de l'Etheré : Parc Ornithologique de Genève. Sa vision prenait réalité.

* * *

Dans le parc Ornithologique.

Esquivant tant bien que mal le zoo et la ville se désintégrant, les mages avançaient vers la fin. C'était une fin mais pas forcément celle qu'ils auraient espéré. Plusieurs avaient déjà des membres brisés avant même de commencer. Mais cette petite dizaine de Mage était le dernier espoir qu'il restait. Une main noire gargantuesque perçait déjà à travers le trou noir. Les 5 minutes seraient bien longues.
"Nooon, arrête!!" Une silhouette noire à genoux gémissait à travers les sifflements du vent et les différents d'une ville se désintégrant. Derrière lui, dans son ombre, un corbeau était à l'abri.
Simon Estelli avait retrouvé celui qui était directement responsable de la mort de son Maître 5 ans auparavant, la mort du Maître du Choeur Céleste proche de son Ancien Maître, la mort de tous ses proches et surtout de Nina Taylor son amour perdu. Sa colère raisonnait et habitait la tempête. L'Oeil du cyclone était au dessus d'eux. Un grondement sourd effrayant fut émis par le cyclone. Il répondait à la colère et à la folie du Mage. L'homme et son corbeau furent détruit dans le même instant.
Le Maraudeur remarqua ses anciens compères qui tentaient de l'arrêté. Un grondement sinistre fut à nouveau émis. La colonne verte s'élargit, elle faisait déjà quelques centaines de mètres de diamètres. Le corps d'Estelli se déchira pour devenir lui-même une source d'énergie.
Le sol au dessous de lui s'effondra, brûla, devint une poussière qui fut absorbé par la chose.
Un choc mit tous les mages à genoux. Il aspirait la vie, la poussière, la Magie, tel un trou noir.

Son corps devint une sorte de nova, des ondes noires émergèrent en dessous. Des boules d'énergie vinrent frapper à de nombreuses reprises les mages.
Madame Mounia et plusieurs autres mages étaient sur le point de succomber. Berson, en guérisseur, récitait ses incantations du Gilgul et protégeait ses acolytes mais lui-même faiblissait. La fin était proche.
Le Mage de l'Ordre d'Hermès leva la tête. Il aperçut les esprits et entités du Paradoxe brisés par la colonne verdâtre et par les sillons du cyclone. Ce type n'était plus humain. Chose était devenue certaine.
Il décocha plusieurs balles en direction du Maraudeur. Il y eut un effet. La colonne verdâtre prit la couleur du sang. L'Effet d'Attraction s'était accru, la température avoisinait les -35°C.
La moitié des Mages étaient à genoux. Leur dernière énergie était dans la récitation du Gilgul.

Quand soudain tout s'arrêta. Un flash éblouissant se produisit. Le grondement et le cyclone disparut. La colonne rougeoyante se dissipa. Estelli ou du moins son corps devenu pure quintessence se dissipa au gré d'une légère brise. Le cauchemar était terminé.
La plupart des Mages étaient agonisant. A leur pied, un trou béant d'une vingtaine de mètres avait été creusé. Se tournant derrière eux, la ville n'était plus qu'un champs de ruine. Un bombardement n'aurait pas fait mieux. Seuls quelques batiments demeuraient encore debout.
Les informations, les scientifiques, personne n'avait pu expliquer tout ce qu'il s'est passé. Tous les instruments électroniques avaient été annihilés quand la colonne verte avait émergée du ciel.
Berson tomba à genoux. "Enfin c'est terminé."

Rien n'était plus faux que cette dernière phrase... Tout ne fait que commencer bien au contraire.

FIN de la première chronique.
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MessageSujet: Re: Petite incursion à Genève.   Mar 19 Jan 2010 - 16:24

Début de l'acte 2 : Les étoiles jumelles

L'équipe d'Interpol était à nouveau réunie. Du moins presque toute... Pagini manquait à l'appel du fait du recul du Choeur Céleste dans la ville.
Et un jeune encapuchonné de la Fraternité Akashite venait de faire son apparition. Mais ce n'était pas terminé. Un jeune Verbena entrait tout juste dans l'équipe.

A l'arrivée de Nordstörm, un fin brouillard se leva dans Genève. Cela rappelait des évènements que tous les habitants et être surnaturels voulaient oubliés.
La ville se reconstruisait. Une nouvelle tempête serait donc mal venue. Mais le Destin était en route. Les engrenages se lançaient un à un.
Neuf étoiles brillaient intensément dans le ciel. Bon présage selon les mages. Mais plus que ça, c'était un signe d'équilibre et de pouvoir.

Berson faisait les cents pas dans son nouveau bureau. En effet, une partie de la tour supérieure d'Interpol avait été soufflée par le cyclone engendré par l'Avatar d'Estelli.
Divers endroits du globe avaient été touchés et surtout, une maison de Genève en était une illustration. Des Agent de police avaient été dépêchés par le voisinage du fait du bruit d'une explosion. Et le Hasard voulut que cette maison soit celle en face de la ruine que fut la maison de Nina Taylor.
Le Hasard, le comportement de Berson en disait long sur le sujet. Tout revenait au point de départ sauf qu'Estelli était mort, le gars au corbeau aussi, et la Technocratie n'avait pas montrer le bout de son nez depuis un moment. Pourtant, tout était reparti.

Berson secoua la tête, ouvrit un tiroir de son bureau pour en extirper la sainte bouteille de whisky. Oui tout recommençait. Ou presque.
Aujourd'hui, c'était pire. Il y aurait des morts. De nombreux morts.
Les habitants de toute une ville des Etats Unis avaient disparu. Interpol viendrait découvrir tout ce qui se passe. Mais Berson en était sûr. Ces incidents ne sont que le début.

_________________
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